Dans quelques jours s’ouvrira au Musée national des beaux-arts du Québec l’exposition Marc-Aurèle Fortin : l’expérience de la couleur, présentée du 10 février au 8 mai 2011. Il s’agit de la première exposition muséale d’envergure consacrée à cet artiste depuis plus de 45 ans. On y trouvera plus d’une centaine de peintures, gravures, dessins et aquarelles, réalisés sur quatre décennies, de 1909 à 1949, et dont un grand nombre proviennent de collectionneurs privés.
Michèle Grandbois, conservatrice de l’art moderne (1900-1950) au Musée national des beaux-arts du Québec et commissaire de cette exposition, a fait appel à Richard Foisy, directeur de notre Centre de recherche, pour rédiger la biographie de Marc-Aurèle Fortin, « Portrait d’une vie », et dresser sa chronologie. Ces deux sections, qui ouvrent et ferment le catalogue, sont le fruit d’une vaste et minutieuse recherche.
On sait ou, du moins, on apprendra dans ce « Portrait d’une vie » que Marc-Aurèle Fortin, après son retour de Chicago en 1910, fréquentait L’Arche et était lié de près avec plusieurs de ses habitués. Il partageait aussi l’atelier d’Onésime-Aimé Léger (1881-1924), un des peintres de la Montée Saint-Michel, lequel était un intime d’Émile Vézina qui occupait l’atelier du 22, rue Notre-Dame. Fait plus inusité, Fortin se joignait à une troupe de comédiens qui répétaient leurs pièces dans le vaste espace de L’Arche, et dont une des têtes d’affiche était le monologuiste Paul Coutlée. Fortin ne manquait pas non plus de fréquenter les voisins de L’Arche, ceux qui occupaient le palier du dessous : le poète et dessinateur Albert Ferland et l’illustrateur Edmond-Joseph Massicotte.
De plus, dans ce catalogue, nous avons le plaisir de retrouver Sarah Mainguy, membre souscripteur du CRALA, laquelle signe un essai intitulé « Aux sources de l’art de Fortin : les années 1910 », qui éclaire, pour la première fois, ces années obscures et pourtant décisives dans l’évolution de l’artiste.
Tous les autres essais du catalogue, celui de Michèle Grandbois, « L’art du promeneur aux couleurs claires sur des fonds sombres », François-Marc Gagnon, « Le paradoxe de Marc-Aurèle Fortin », et celui d’Esther Trépanier, « La réception critique de Marc-Aurèle Fortin », font le point sur ce singulier personnage de l’histoire de l’art au Québec et jettent eux aussi une lumière nouvelle sur cet artiste de la modernité qui… ne se croyait pas si moderne, selon ses dires !

